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...Par Étude de Chimie
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Dossier Technique : Raffinage Cuivre

Outil

DOSSIER TECHNIQUE N° CHIM-ELEC-2024-X12

Purification du Cuivre par Électrolyse Industrielle (Pureté 99.99%)

Mission de Validation de Procédé Industriel
1. Contexte de la MissionPHASE : PILOTE INDUSTRIEL
📝 Situation du Projet

Le complexe métallurgique "CuivrePur Industries" cherche à optimiser sa ligne de production de cathodes de cuivre de haute pureté (Grade A - LME). Le cuivre brut issu de la fonderie (appelé "Blister") possède une pureté d'environ 98-99%, ce qui est insuffisant pour les applications électriques critiques (câblage haute tension, électronique) qui exigent une conductivité minimale de 100% IACS. Ces impuretés (Fer, Zinc, mais aussi métaux précieux comme l'Or et l'Argent) augmentent la résistivité électrique et fragilisent le matériau.

Dans ce cadre, une unité pilote d'électro-raffinage a été mise en place. Votre rôle, en tant qu'ingénieur chimiste responsable du procédé, est de valider les paramètres d'exploitation sur une cellule test avant le déploiement à grande échelle. Vous devez analyser le rendement faradique, la consommation énergétique spécifique et le comportement des impuretés anodiques.

🎯
Votre Mission :

En tant que Responsable Procédé, vous devez dimensionner et valider la performance de l'électrolyseur pilote. Vous calculerez la masse théorique déposée, déterminerez le rendement réel de l'opération, évaluerez le coût énergétique et analyserez le bilan matière des boues anodiques pour justifier la viabilité économique de la récupération des métaux précieux.

🗺️ SYNOPTIQUE DE LA CELLULE PILOTE
(-) Cathodique (+) Anodique ANODE CATHODE 50.0 A REDRESSEUR DC ON
Anode (Cuivre Brut)
Cathode (Cuivre Pur)
Électrolyte Acide
📌
Note du Responsable Technique :

"Attention, l'électrolyte est une solution d'acide sulfurique concentré (H₂SO₄). Le respect des EPI (lunettes, gants néoprène) est impératif. De plus, surveillez la tension aux bornes : une hausse soudaine peut indiquer une passivation de l'anode."

2. Données Techniques de Référence

Les paramètres ci-dessous ont été relevés sur l'unité pilote lors de l'essai de qualification de 24 heures. Ces valeurs serviront de base à l'ensemble de vos calculs de validation.

📚 Référentiel Normatif & Physico-Chimique
ASTM B115 (Cathodes Cuivre)Loi de Faraday
⚙️ Paramètres Physico-Chimiques
CONSTANTES & MATIÈRE
Masse molaire du Cuivre (\(M\))63,55 g/mol
Constante de Faraday (\(F\))96 485 C/mol
Valence du Cuivre (\(n\))2 (\(\text{Cu}^{2+}\))
COMPOSITION ANODE (BLISTER)
Cuivre (\(\text{Cu}\))98,5 %
Impuretés insolubles (\(\text{Ag, Au, Pt}\))0,8 %
Impuretés solubles (\(\text{Fe, Zn, Ni}\))0,7 %
📐 Paramètres Opératoires (Essai Pilote)
  • Intensité du courant (\(I\)): 50,0 A (courant continu constant)
  • Tension aux bornes (\(U\)): 0,35 V (moyenne sur la durée)
  • Durée de l'électrolyse (\(t\)): 10 heures (soit 36 000 s)
  • Masse initiale de la cathode: 250,00 g
  • Masse finale de la cathode (après lavage/séchage): 838,50 g
[VUE TECHNIQUE : PROCESSUS ÉLECTROCHIMIQUE]
ANODE (+) CATHODE (-) Cu²⁺ Cu²⁺ Boues (Au, Ag) Dépôt Cuivre Pur Dissolution
[Schéma microscopique : Migration des cations \(\text{Cu}^{2+}\) de l'anode soluble vers la cathode.]
📋 Récapitulatif des Données Clés
DonnéeSymboleValeurUnité
Intensité du Courant\(I\)50,0Ampères (A)
Temps d'électrolyse\(t\)10Heures (h)
Masse Déposée (Mesurée)\(m_{\text{réel}}\)588,5Grammes (g)

E. Protocole de Résolution

Pour valider ce procédé industriel, nous allons suivre une démarche rigoureuse en comparant la théorie électrochimique à la réalité du terrain.

1

Calcul Théorique (Faraday)

Déterminer la masse maximale de cuivre que l'on pourrait déposer si le rendement était de 100%.

2

Calcul du Rendement Réel

Comparer la masse théorique à la masse pesée en fin d'expérience pour évaluer l'efficacité du courant.

3

Analyse Énergétique

Calculer l'énergie consommée par kilogramme de cuivre produit pour l'analyse de coût.

4

Bilan des Impuretés

Quantifier la masse de boues anodiques générées pour évaluer le potentiel de récupération de métaux précieux.

CORRECTION

Purification du Cuivre par Électrolyse Industrielle (Pureté 99.99%)

1
Calcul de la Masse Théorique de Cuivre
🎯 Objectif

L'objectif primordial de cette première étape est d'établir une référence absolue pour notre procédé d'électrolyse. Nous cherchons à déterminer la masse maximale théorique de cuivre métallique qui pourrait être déposée sur la cathode dans des conditions thermodynamiques idéales. Ce calcul est fondamental car il servira de dénominateur commun pour toutes les analyses de performance ultérieures. Il s'agit de répondre à la question : "Si chaque électron injecté dans le système servait exclusivement et parfaitement à la réduction des ions cuivre, quelle quantité de matière obtiendrions-nous ?"

📚 Référentiel
Loi de Faraday sur l'électrolyseStœchiométrie Redox
🧠 Réflexion de l'Ingénieur

Pour mener à bien ce calcul, nous devons opérer une "traduction" entre deux mondes physiques distincts : le monde électrique et le monde chimique. Le courant électrique, mesuré en Ampères, représente un flux d'électrons. La masse de cuivre, mesurée en grammes, représente une quantité de matière atomique. Le pont entre ces deux mondes est la constante de Faraday. Notre stratégie consiste d'abord à quantifier le "carburant" total du système (la charge électrique \(Q\)), puis à convertir cette charge en nombre de moles d'électrons, et enfin, grâce à l'équation bilan de la réaction, à déduire la masse de métal correspondante.

📘 Rappel Théorique : L'Électrodéposition

L'électrolyse est une méthode qui utilise l'énergie électrique pour forcer une réaction chimique non spontanée. Dans notre cellule, le raffinage repose sur l'oxydation de l'anode soluble (cuivre impur) et la réduction simultanée à la cathode (cuivre pur).

À la cathode (pôle négatif), les cations \(\text{Cu}^{2+}\) présents en solution captent des électrons pour se transformer en cuivre solide selon la demi-équation suivante :

\[ \begin{aligned} \text{Cu}^{2+}_{\text{(aq)}} + 2\text{e}^- \rightarrow \text{Cu}_{\text{(s)}} \end{aligned} \]

Cette équation est capitale car elle fixe la stœchiométrie : pour déposer un seul atome de cuivre, il faut consommer deux électrons. Ce facteur \(n = 2\) est le pivot du calcul de Faraday.

📐 Formules Clés
A. Charge Électrique Totale (Q) :

La charge est le produit de l'intensité par le temps. Le raisonnement est le suivant : 1 Ampère équivaut à 1 Coulomb par seconde. Donc, si on multiplie le débit (Ampères) par la durée (Secondes), on obtient le volume total de charge (Coulombs).

\[ \begin{aligned} Q = I \times t \end{aligned} \]

Où \(I\) est en Ampères (\(\text{A}\)) et \(t\) impérativement en secondes (\(\text{s}\)).

B. Loi de Faraday (Masse) :

Cette formule relie la charge à la masse déposée. Le raisonnement est une analyse dimensionnelle : On divise la charge totale \(Q\) par la charge d'une mole d'électrons (\(F\)) pour avoir le nombre de moles d'électrons. On divise ensuite par \(n\) (électrons par atome) pour avoir le nombre de moles d'atomes. Enfin, on multiplie par la masse molaire \(M\) pour avoir la masse en grammes.

\[ \begin{aligned} m = \frac{Q \times M}{n \times F} \end{aligned} \]

Avec \(M\) la masse molaire (\(\text{g/mol}\)), \(n\) le nombre d'électrons échangés, et \(F\) la constante de Faraday (\(96485 \text{ C/mol}\)).

📋 Données d'Entrée
ParamètreValeur
Intensité (\(I\))50,0 A
Temps (\(t\))10 h = 36 000 s
Masse Molaire (\(M\))63,55 g/mol
Faraday (\(F\))96 485 C/mol
1. Charge (Q) 2. Moles (e-) 3. Masse (m)
Schéma : Flux logique de conversion des grandeurs physiques vers chimiques.
💡 Astuce

L'erreur la plus fréquente dans ce type de calcul industriel est l'oubli de la conversion d'unités temporelles. L'Ampère est par définition un Coulomb par seconde :

\[ \begin{aligned} 1 \text{ A} = 1 \text{ C/s} \end{aligned} \]

Si vous utilisez le temps en heures directement dans la formule \(Q = I \times t\), votre résultat sera faux d'un facteur 3600. Convertissez systématiquement vos durées en secondes avant toute manipulation numérique.

📝 Calculs Détaillés
1. Détermination de la Charge Électrique Totale (Q) :

L'intensité \(I\) correspond à un débit de charge (Coulombs par seconde). Pour trouver le volume total de charge \(Q\) qui a transité, on multiplie ce débit par la durée d'écoulement \(t\). C'est l'analogie hydraulique : Volume = Débit x Temps.

\[ \begin{aligned} Q &= I \times t \\ &= 50,0 \times (10 \times 3600) \\ &= 50,0 \times 36\,000 \\ &= 1\,800\,000 \text{ C} \end{aligned} \]

Le système a donc été traversé par un flux total de 1,8 million de Coulombs.

2. Application de la Loi de Faraday :

La constante de Faraday \(F\) nous dit que \(96485\) C correspondent à 1 mole d'électrons. La réaction \(\text{Cu}^{2+} + 2\text{e}^- \rightarrow \text{Cu}\) nous dit qu'il faut 2 moles d'électrons pour former 1 mole de Cuivre (\(63.55\) g). On effectue donc une règle de trois proportionnelle entre la charge totale et la masse molaire.

\[ \begin{aligned} m_{\text{th}} &= \frac{Q \times M}{n \times F} \\ &= \frac{1\,800\,000 \times 63,55}{2 \times 96\,485} \\ &= \frac{114\,390\,000}{192\,970} \\ &\approx 592,786 \text{ g} \end{aligned} \]

Interprétation : Si le rendement faradique était de 100% parfait, nous devrions retrouver exactement 592,79 g de cuivre pur déposé sur la cathode.

\[ \textbf{✅ Interprétation Globale : } m_{\text{th}} \approx 592,79 \text{ g} \]

Cette valeur constitue notre "plafond de verre" théorique. Aucune manipulation physique ne pourra produire plus que cette masse avec cette quantité de courant. Tout résultat expérimental inférieur indiquera des pertes, tandis qu'un résultat supérieur indiquerait une erreur de mesure ou une pollution de la cathode.

⚖️ Analyse de Cohérence

Vérifions l'ordre de grandeur. Un courant de 50A est significatif. En électrochimie industrielle, on sait empiriquement que le cuivre se dépose à environ 1,18 g/Ah (gramme par Ampère-heure). Ici, nous avons 500 Ah (50A x 10h). Le calcul rapide donne :

\[ \begin{aligned} 500 \times 1,18 = 590 \text{ g} \end{aligned} \]

Notre calcul précis donne 592,79g. La cohérence est parfaite.

⚠️ Points de Vigilance

Ne confondez pas \(n\) (nombre d'électrons échangés) avec le nombre de moles. Ici, \(n=2\) car l'ion est \(\text{Cu}^{2+}\). Si nous avions électrolysé de l'Argent (\(\text{Ag}^+\)), \(n\) aurait été égal à 1, doublant la masse déposée pour la même charge ! La valence du métal est donc un paramètre critique.

2
Calcul du Rendement de Courant (Faradique)
🎯 Objectif

Après avoir établi la théorie, nous devons maintenant confronter nos prédictions à la réalité du terrain industriel. L'objectif est de calculer le rendement de courant (ou rendement faradique), noté \( \eta \). Cet indicateur de performance clé (KPI) exprime le pourcentage du courant électrique qui a *réellement* servi à produire du cuivre utile, par rapport à ce qui a été consommé et facturé. C'est une mesure directe de l'efficacité du procédé.

📚 Référentiel
Définition du rendementBilan matière
🧠 Réflexion de l'Ingénieur

Dans la réalité industrielle, le rendement n'est jamais rigoureusement égal à 100%. Pourquoi ? Parce que le courant électrique est "paresseux" et emprunte parfois d'autres chemins. Il peut y avoir des réactions parasites (comme la réduction des protons \(\text{H}^+\) de l'acide en hydrogène gazeux \(\text{H}_2\)), des fuites de courant à travers l'isolation des cuves, ou pire, des courts-circuits microscopiques (dendrites) entre l'anode et la cathode qui consomment de l'énergie sans produire de métal. Calculer ce rendement nous permet de quantifier ces pertes "invisibles".

📘 Rappel Théorique : Le Rendement Faradique

Le rendement faradique \(r_F\) (ou \(\eta\)) est défini comme le rapport entre la masse de produit réellement obtenue expérimentalement et la masse théorique calculée par la loi de Faraday.

\[ \begin{aligned} \eta = \frac{m_{\text{réelle}}}{m_{\text{théorique}}} \end{aligned} \]

Un rendement faible indique un dysfonctionnement grave du processus (acidité trop forte, température inadaptée, impuretés). Un rendement industriel acceptable pour le cuivre se situe généralement au-dessus de 95%.

📐 Formules Clés
Formule du Rendement :

Comparaison du réel au théorique. Le numérateur représente le gain de masse net de la cathode (Masse finale moins la masse du support initial). Le dénominateur est la masse que Faraday avait prédite.

\[ \begin{aligned} \eta (\%) = \frac{m_{\text{finale}} - m_{\text{initiale}}}{m_{\text{th}}} \times 100 \end{aligned} \]
📋 Données Expérimentales
ParamètreValeur
Masse Cathode Finale838,50 g
Masse Cathode Initiale250,00 g
Masse Théorique (calculée en Q1)592,79 g
Théorique (100%) 592.79 g Réel (99.28%) 588.50 g Rendement η = m_réel / m_th
Schéma : Comparaison visuelle entre la prédiction théorique et la réalité.
💡 Astuce

Pour la pesée expérimentale, assurez-vous toujours que la cathode a été parfaitement rincée (pour éliminer l'électrolyte sulfaté) et séchée. Une cathode humide faussera le résultat en donnant une masse "réelle" artificiellement élevée, ce qui pourrait conduire à un rendement calculé supérieur à 100%, une impossibilité physique.

📝 Calculs Détaillés
1. Calcul de la masse de cuivre réellement déposée (Net) :

La cathode initiale (feuille mère) ne fait pas partie du dépôt produit durant cette opération. Il faut donc soustraire sa masse pour isoler uniquement le métal nouvellement formé.

\[ \begin{aligned} m_{\text{réel}} &= m_{\text{finale}} - m_{\text{initiale}} \\ &= 838,50 - 250,00 \\ &= 588,50 \text{ g} \end{aligned} \]
2. Calcul du Rendement en pourcentage (\(\eta\)) :

Le rendement est le ratio entre la réalité (numérateur) et la théorie idéale (dénominateur). On divise la masse pesée par la masse théorique calculée précédemment.

\[ \begin{aligned} \eta &= \frac{m_{\text{réel}}}{m_{\text{th}}} \times 100 \\ &= \frac{588,50}{592,79} \times 100 \\ &\approx 0,99276 \times 100 \\ &\approx 99,28 \% \end{aligned} \]

Interprétation : Le résultat est excellent. Cela signifie que 99,28% des électrons ont servi à déposer du cuivre.

\[ \textbf{✅ Interprétation Globale : } \eta = 99,28 \% \]

Ce rendement est très élevé, ce qui valide la qualité de l'électrolyte et la configuration de la cellule pilote. Les pertes (< 1%) sont négligeables et probablement dues à une légère redissolution chimique du cuivre ou à des courants de fuite minimes.

⚖️ Analyse de Cohérence

Dans l'industrie du raffinage du cuivre, un rendement moderne se situe généralement entre 92% et 97%. Obtenir >99% est possible en conditions pilote très contrôlées (pas de courts-circuits, espacement électrodes parfait). Le résultat est donc cohérent avec un essai laboratoire optimisé.

⚠️ Points de Vigilance

Si vous aviez trouvé un rendement > 100%, ne criez pas au miracle : c'est impossible. Cherchez l'erreur : cathode mal séchée, dépôt d'impuretés solides (boues) collées sur la cathode, ou erreur de pesée.

3
Analyse de la Consommation Énergétique
🎯 Objectif

Dans l'industrie lourde, la faisabilité technique ne suffit pas ; la viabilité économique est le juge de paix. L'électrolyse est un procédé extrêmement énergivore. L'objectif ici est de calculer la consommation énergétique spécifique, c'est-à-dire la quantité d'électricité (en kilowattheures) nécessaire pour produire un kilogramme de cuivre pur. Ce chiffre impacte directement le coût opérationnel (OPEX) et donc la rentabilité de l'usine.

📚 Référentiel
Loi de la puissance électrique (P=UI)Définition de l'Énergie (E=Pt)
🧠 Réflexion de l'Ingénieur

L'énergie consommée par la cellule dépend de deux facteurs : la quantité de courant nécessaire (fixée par Faraday et le rendement) et la "force" avec laquelle il faut pousser ce courant, c'est-à-dire la tension \(U\). La tension aux bornes d'une cellule d'électro-raffinage est faible (contrairement à l'extraction minière par électro-winning) car on dissout du cuivre à l'anode pour le redéposer à la cathode : l'énergie chimique est globalement conservée. La tension sert "seulement" à vaincre la résistance de l'électrolyte (chute ohmique) et les petites surtensions aux électrodes. Minimiser \(U\) est la clé pour réduire la facture électrique.

📘 Rappel Théorique : Énergie Spécifique

L'énergie électrique \(W\) (ou \(E\)) consommée par un système en courant continu est le produit de la tension, de l'intensité et du temps. Pour l'industrie, on rapporte cette énergie à la masse produite pour obtenir l'énergie spécifique \(W_s\) :

\[ \begin{aligned} W_s = \frac{U \times I \times t}{m_{\text{produite}}} \end{aligned} \]

L'unité standard industrielle est le \(\text{kWh/kg}\) ou \(\text{kWh/tonne}\).

📐 Formules Clés
A. Énergie Totale (E) :

Conversion directe Joules -> kWh. On utilise le facteur 1000 pour passer des Watts-heures aux KiloWatts-heures.

\[ \begin{aligned} E_{\text{kWh}} = \frac{U_{\text{(V)}} \times I_{\text{(A)}} \times t_{\text{(h)}}}{1000} \end{aligned} \]
B. Consommation Spécifique (Es) :

Ratio Énergie / Masse. C'est le quotient de l'énergie totale par la masse totale produite.

\[ \begin{aligned} E_s = \frac{E_{\text{kWh}}}{m_{\text{kg}}} \end{aligned} \]
📋 Données
ParamètreValeur
Tension Moyenne (\(U\))0,35 V
Intensité (\(I\))50,0 A
Temps (\(t\))10 h
Masse Produite (\(m_{\text{réel}}\))0,5885 kg (converti de g)
P = U × I Puissance × t = Énergie (E) en kWh Es = E / Masse
Schéma : Flux de calcul de l'énergie spécifique.
💡 Astuce

Pour passer directement des Watts-heures aux kiloWatts-heures, divisez par 1000 à la fin du calcul. N'utilisez pas le temps en secondes ici, car l'unité d'énergie industrielle est basée sur l'heure (\(h\)). Si vous utilisez des secondes, vous obtiendrez des Joules (\(J\)), qu'il faudra ensuite diviser par \(3,6 \times 10^6\) pour avoir des \(\text{kWh}\).

📝 Calculs Détaillés
1. Calcul de l'Énergie Totale consommée (E) :

La puissance électrique instantanée est \(P = U \times I\). L'énergie est l'accumulation de cette puissance dans le temps : \(E = P \times t\). Nous divisons par 1000 pour convertir les Watts-heures en kiloWatts-heures.

\[ \begin{aligned} E_{\text{totale}} &= \frac{U \times I \times t}{1000} \\ &= \frac{0,35 \times 50,0 \times 10}{1000} \\ &= \frac{175}{1000} \\ &= 0,175 \text{ kWh} \end{aligned} \]

Le process a consommé 175 Wattheures au total.

2. Calcul de la Consommation Spécifique (Es) :

C'est une simple division de normalisation : on répartit la facture énergétique totale sur la quantité de marchandise produite. On utilise la masse réelle (0.5885 kg) car c'est celle qui sera vendue.

\[ \begin{aligned} E_s &= \frac{E_{\text{totale}}}{m_{\text{réel(kg)}}} \\ &= \frac{0,175}{0,5885} \\ &\approx 0,29736 \text{ kWh/kg} \end{aligned} \]

Interprétation : Chaque kilogramme de cuivre produit a coûté environ 0,3 kWh d'électricité.

\[ \textbf{✅ Interprétation Globale : } E_s \approx 0,297 \text{ kWh/kg} \]

Ce chiffre est le véritable indicateur économique. Si le prix industriel de l'électricité est de 0,10 €/kWh, le coût énergétique du raffinage est d'environ 0,03 € par kg de cuivre. C'est faible par rapport à la valeur ajoutée du produit (le cuivre pur se vend environ 8-9 €/kg), ce qui confirme la rentabilité.

⚖️ Analyse de Cohérence

Une consommation industrielle typique pour le raffinage du cuivre se situe entre 0,25 et 0,35 kWh/kg. Notre résultat de 0,297 kWh/kg est parfaitement situé au milieu de cette plage. Si nous avions trouvé 3,0 kWh/kg, il y aurait eu un problème majeur (résistance électrique anormale dans le circuit, contacts oxydés).

⚠️ Points de Vigilance

La tension \(U\) n'est pas constante dans le temps. Elle a tendance à augmenter si l'anode se passivates (se recouvre d'une couche isolante) ou si l'électrolyte s'appauvrit. Le calcul réalisé ici utilise une moyenne, mais le suivi temps réel de U est vital pour la maintenance.

4
Bilan des Impuretés (Boues Anodiques)
🎯 Objectif

L'aspect le plus lucratif du raffinage du cuivre est souvent caché : la récupération des sous-produits. L'objectif est de quantifier la masse de "boues anodiques" générée lors de l'opération. Ces boues sont constituées des métaux précieux (Or, Argent, Platine) initialement présents dans le cuivre impur, qui ne se sont pas dissous et se sont accumulés au fond de la cuve.

📚 Référentiel
Potentiels Standard d'Oxydoréduction (E°)Principe d'inertie électrochimique
🧠 Réflexion de l'Ingénieur

Le principe de séparation repose sur la thermodynamique. À l'anode, nous imposons un potentiel suffisant pour oxyder le Cuivre (\(Cu \rightarrow Cu^{2+} + 2e^-\)). Ce potentiel est aussi suffisant pour oxyder les métaux "vils" comme le Fer ou le Zinc, qui passent donc en solution. En revanche, les métaux "nobles" (Or, Argent) ont un potentiel d'oxydation beaucoup plus élevé. Au voltage appliqué (0,35V), ils restent à l'état métallique solide. Comme la matrice de cuivre qui les entourait disparaît (se dissout), ils se détachent mécaniquement et tombent au fond de la cellule, formant une boue noire très riche.

📘 Rappel Théorique : Sélectivité Anodique

La sélectivité est dictée par la série électrochimique :

\[ \begin{aligned} \text{Cu} \rightarrow \text{Cu}^{2+} + 2\text{e}^- \end{aligned} \]
  • Métaux moins nobles que Cu (E° < +0.34V) : Fe, Zn, Ni. Ils s'oxydent et polluent l'électrolyte. Ils ne se déposent pas à la cathode.
  • Métaux plus nobles que Cu (E° > +0.34V) : Ag (+0.80V), Au (+1.50V). Ils ne s'oxydent pas. Ils forment le sédiment insoluble.

C'est cette différence de E° qui garantit la pureté du cuivre à la cathode et la concentration de l'or dans les boues.

📐 Formules Clés
A. Masse d'Anode Consommée :

Calculée à partir du cuivre dissous et de la pureté de l'anode. On inverse le pourcentage (on divise par le pourcentage de pureté) pour retrouver la masse totale brute.

\[ \begin{aligned} m_{\text{anode}} = \frac{m_{\text{Cu\_dissous}}}{\% \text{Cu}_{\text{anode}}} \end{aligned} \]
B. Masse de Boues :

Une simple règle de proportionnalité : la masse des boues est la part insoluble de la masse d'anode consommée.

\[ \begin{aligned} m_{\text{boues}} = m_{\text{anode}} \times \% \text{Insolubles} \end{aligned} \]
📋 Données Techniques
TypeValeur
Masse Cuivre Dissous (Théorique Faraday)592,79 g
Teneur Anode en Cuivre98,5 % (0,985)
Teneur Anode en Insolubles (Ag, Au)0,8 % (0,008)
ANODE 100% Masse Cuivre (98.5%) Vers Cathode Fe, Ni, Zn (0.7%) Dissous dans l'acide Boues (0.8%) Au, Ag (Précieux)
Schéma : Diagramme de flux (Sankey) montrant la séparation des composants de l'anode.
💡 Astuce

Pour le calcul de la consommation d'anode, il est plus rigoureux d'utiliser la masse théorique (Faraday) plutôt que la masse déposée réelle. En effet, le courant qui n'a pas servi à déposer du cuivre à la cathode a quand même pu servir à dissoudre du cuivre à l'anode (le rendement anodique est souvent proche de 100%, voire supérieur à cause de la corrosion chimique acide).

📝 Calculs Détaillés
1. Calcul de la masse totale d'anode consommée :

Le cuivre qui se dissout (592.79g) ne représente que 98.5% de l'anode. Le reste (1.5%) est constitué d'impuretés. La masse totale d'anode qui a 'disparu' est donc nécessairement plus grande que la masse de cuivre pur. On cherche le 'Tout' connaissant la 'Partie' (le cuivre) et son pourcentage (\(0.985\)). On divise donc la partie par le pourcentage.

\[ \begin{aligned} m_{\text{anode\_consommée}} &= \frac{m_{\text{Cu\_dissous}}}{\% \text{Cu}_{\text{anode}}} \\ &= \frac{592,79}{0,985} \\ &\approx 601,817 \text{ g} \end{aligned} \]

Il a fallu détruire environ 601,8 g d'anode brute.

2. Calcul de la masse de boues (métaux précieux) :

Les boues représentent la fraction insoluble (0.8%). Nous appliquons simplement ce pourcentage à la masse d'anode totale calculée juste au-dessus.

\[ \begin{aligned} m_{\text{boues}} &= m_{\text{anode\_consommée}} \times \% \text{Insolubles} \\ &= 601,817 \times 0,008 \\ &\approx 4,814 \text{ g} \end{aligned} \]

Interprétation : Nous avons généré 4,8 g de déchets solides.

\[ \textbf{✅ Interprétation Globale : } m_{\text{boues}} \approx 4,81 \text{ g} \]

Ne sous-estimez pas ces "déchets". Ces 4,81 g sont un concentré d'Argent et d'Or. Si l'anode contenait 0,1% d'Or, cela ferait 0,6g d'or pur récupéré. À 60€/g, cela représente 36€, ce qui couvre largement le coût de l'électricité calculé en Q3 (quelques centimes) ! C'est souvent l'or qui paie le raffinage du cuivre.

⚖️ Analyse de Cohérence

Le ratio boues/cuivre est ici de 0,8%. C'est typique d'un cuivre blister standard. Si nous avions trouvé 50% de boues, l'anode serait de qualité trop médiocre pour l'électrolyse et boucherait les filtres.

⚠️ Points de Vigilance

Ces boues ne doivent surtout pas être agitées. Si l'électrolyte est brassé trop fort, les particules de boues peuvent remonter en suspension et s'inclure mécaniquement dans la cathode, ce qui polluerait le cuivre pur et le rendrait cassant.

📄 Livrable Final (Note de Synthèse)

RAPPORT VALIDÉ
Projet : PILOTE RAFFINAGE ÉLECTROLYTIQUE
NOTE DE SYNTHÈSE - PERFORMANCE CELLULE A1
Réf :X12-PILOT
Phase :QUALIF.
Date :15/10/2024
Rev :A.0
1. Synthèse des Performances

Essai de 10 heures sous 50 A constants.

Production Cuivre (Net) :588,50 g
Rendement Faradique :99,28 %
Coût Énergétique :0,297 kWh/kg
2. Conclusion & Recommandations
DÉCISION PILOTE
✅ PROCÉDÉ VALIDÉ POUR PASSAGE INDUSTRIEL
Les paramètres actuels (50A, 0.35V) garantissent un excellent rendement (>99%) et une consommation énergétique compétitive (<0.3 kWh/kg).
3. Schéma Bilan Process
CELLULE D'ÉLECTROLYSE H₂SO₄ + CuSO₄ ANODE BLISTER 601.82 g ÉNERGIE 0.175 kWh CATHODE PUR 588.50 g BOUES (Au,Ag) 4.81 g I=50A t=10h η=99.3%
Ingénieur Procédé :
Jean CHIMITE
Directeur Technique :
Marie COURIT
VISA QUALITÉ
ISO 9001 Compliant
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